Grands voyageurs - Oiseaux migrateurs - Grues cendrées -


2022 / 018   LES GRUES CENDRÉES


Nos lointains prédécesseurs, il y a des milliers d'années, ont du éprouver les mêmes émotions que celles que nous éprouvons aujourd'hui lorsque résonne le chant des Grues cendrées en migration.
 

Présentation.


 
"Au premier coup d’œil, ces grands oiseaux à long cou et haut perchés paraissent apparentés aux Cigognes et pourtant, ils en sont très différents. Leurs affinités avec les Rallidés sont, en effet, plus importantes, bien qu'elles ne soient pas misent en évidence par l'aspect qu'une évolution divergente a donné à la famille des Grues. Celles-ci, adaptées aux vastes espaces dégagés, ont besoin de voir loin pour assurer leur sécurité : leur taille imposante, presque aussi haute que celle d'un homme chez certaines espèces grâce à l'allongement des jambes et du cou, répond à cette nécessité, tout comme chez les autres grands échassiers : hérons, cigognes et flamants.
Élégantes par leur démarche, leur prestance et leur plumage paré de plumes ornementales, les grues sont aussi connues pour leur danse gracieuse. Aussi, la malice des Français leur a-t-elle comparé les femmes de mœurs légères _ injustice qui ne manque pas de saveur, car ce sont des oiseaux monogames d'une fidélité exemplaire. Depuis la plus haute antiquité d'ailleurs, les Grues ont frappé les imaginations et donné lieu à des légendes. 
Physiquement, elles sont aussi caractérisées par une petite tête, un bec pointu relativement court ; les pieds reposent sur trois doigts vigoureux, mais peu allongés, le pouce n'étant guère prononcé. 
Leur particularité anatomique la plus remarquable est la trachée très longue qui s'enroule en boucles et s'insère dans le sternum avant d'aboutir aux poumons. Cet appareil de résonance confère à la voix une force et une ampleur peu communes. L'acuité visuelle a valu à ces oiseaux une réputation de vigilance qui n'est pas usurpée ; [...] 
Très sociables, les Grues vivent et voyagent en troupes, qui fréquentent les marais, les steppes et les vastes étendues cultivées."
Ce texte est extrait de : Grands Échassiers Gallinacés Râles d'Europe. Paul GÉROUDET Delachaux Niestlé.1994 


Les différentes familles de grues.

15 c'est le nombre de familles de grues existant de par le monde.



Un oiseau de grande taille.

La Grue cendrée est certainement le plus haut oiseau européen 114 à 130 cm, elle dépasse largement par sa taille, hérons et cigognes. Son envergure, également, ne laisse pas l'observateur indifférent, sans rivaliser avec l'Albatros hurleur (350 cm) son envergure atteint tout de même de 190 à 230 cm ! 
 
La grue en papier mâché ayant servi d'appelant dans un de mes projets un peu fou.



Ne plus confondre la grue avec d'autres grands oiseaux.

 
De gauche à droite Héron cendré Grue cendrée et Cigogne blanche cette photo est un montage

Le plumage de la grue cendrée.

Quel que soit leur âge, femelles et mâles portent une livrée grise cendrée identique avec quelques nuances de brun sur le dos, une sorte de cravate noire orne leur cou, flanquée de deux bandes blanches se rejoignant sur la nuque et formant un petit triangle au contact d'une zone de peau pratiquement nue de couleur rouge. Cette calotte est absente chez les jeunes individus jusqu'à l'âge de trois ans Les grues doivent leur "élégance" aux plumes de l'avant-bras. Les rémiges tertiaires sont si imposantes qu'elles forment ce fameux panache caudal de la grue cachant la queue de l'oiseau.

Un oiseau en somme très élégant

La Grue cendrée porte au sommet de la tête une sorte de béret rouge, plus important chez le mâle que chez la femelle. Cette zone, dépourvue de plume, est absente chez les jeunes individus, sa taille peut varier lors des parades nuptiales ou à la moindre excitation de l'oiseau.

Le béret rouge de la Grue cendrée


La Grue cendrée, un animal de compagnie ?

En-dehors de la période de nidification, c'est-à-dire durant huit mois de l'année, les Grues cendrées sont des animaux grégaires, c'est à dire qu'ils recherchent la compagnie de leurs semblables lors des rassemblements précédant la migration, durant les vols migratoires ou durant l'hivernage.
Des regroupements de plusieurs centaines voire de plusieurs milliers de grues ne sont pas exceptionnels. Il est très rare de rencontrer une grue seule, un individu isolé des siens est souvent affaibli, malade, ou blessé.

Des rassemblements de centaines, de milliers de Grues cendrées sont monnaie courante.

Au Lac du Der, une retenue d'eau artificielle devenue par le plus grand des hasards un lieu d'hivernage et de passage pour les Grues cendrées, il est tout à fait possible de se rendre compte de ce que devait être la véritable nature avant que l'Homme ne décide de la dominer et de la soumettre. Comment ne pas éprouver une joie immense, comment ne pas avoir les larmes aux yeux, comment ne pas avoir les poils qui se dressent, face à ce spectacle de milliers de grues s'envolant au petit jour dans un concert de cris. Un spectacle à voir au moins une fois dans sa vie !
Exemple récent : 6 novembre 2022 au lac du Der le matin, 68 750 grues sont comptées.
Plus ancien : 3 novembre 2019   270.000 Grues cendrées ont été comptabilisées , record absolu!
 

Où observer des rassemblements de Grues cendrées .

 
Redirection vers site LPO

Les traces et indices laissés par les Grues cendrées.

Durant les mouvements migratoires, les Grues cendrées passent beaucoup de temps à s'alimenter dans les champs, c'est là qu'il est possible d'observer leurs "grosses" traces de pattes.
Les pattes aux longs doigts sont imposantes, elles permettent à la grue de se déplacer dans : les marais, les tourbières, les marécages, la vase des étangs et en général dans les lieux humides où elle nidifie, s'alimente et trouve refuge pour y passer la nuit.
 
Les champs de maïs moissonnés, une aubaine pour nos grandes amies !

Ces traces ont été relevées dans un champ déchaumé de maïs en Champagne.
 

 
Grues cendrées et Sanglier


 
Fiente de Grue cendrée

Pourquoi les grues cendrées ne se perchent pas dans les arbres ?

Ces traces schématiques  rarement observées aussi nettement sur le terrain nous fournissent un début d'explication.
 

Notons tout d'abord sur les empreintes une petite palmure entre le deuxième et troisième doigt rarement visible sur le terrain. Les doigts sont bien marqués à l'exception du pouce ou doigt postérieur, peu prononcé qui ne marque pratiquement jamais.
Ce doigt postérieur haut placé et court ne permet pas la préhension, la Grue cendrée  ne peut pas, à la différence du héron ou de la cigogne se percher sur une branche, voilà donc pourquoi nous ne voyons jamais de Grues cendrées perchées dans les arbres !
Il y aurait des exceptions ! (relatée dans l'ouvrage de Paul géroudet cité plus haut)
"Le 15 mars près de Châlons-sur-Marne un observateur voit de loin, des grues se poser près d'étangs bordés de peupliers l'une d'elle se perche sur la cime d'un de ces arbres".
Cette observation est tout à fait anecdotique, et point important l'observateur ne dit pas comment s'est posé la grue sur cet arbre !
La cigogne et le héron possèdent un doigt postérieur plus long, c'est pour cette raison que nous pouvons les observer perchés dans les arbres !
 

Les Grues cendrées dorment les pieds dans l'eau.

Passant le plus clair de leur temps sur terre, elles ne deviennent aquatiques que lorsqu'elles se reposent dans leur refuge nocturne. Elles se reposent les pieds dans l'eau peu profonde, tout au plus une quinzaine de centimètres. Faire le pied de grue signifie attendre au même endroit durant une longue période, c'est ce que font les grues, dans leur dortoir, lorsqu'elles se reposent sur une patte, la tête enfouie dans les plumes.
 
Grues cendrées au dortoir prêtent à quitter les lieux

La grue danse.

Si j'en crois les rares observateurs, c'est au moment de la reproduction, dans leur contrée d'origine, que la danse des grues est la plus impressionnante ; le lecteur peut se reporter aux descriptions de l'ouvrage de Paul Géroudet. En migration sur les lieux de gagnages, il est possible d'assister également à des danses, un ou plusieurs individus se mettent à danser, sans que rien ne le laisse prévoir, pour le plus grand bonheur des observateurs .
 



L'observation et la photographie des grues.

Une fois les rassemblements repérés, l'observation des grues est des plus facile, à condition toutefois de rester à bonne distance (cette distance semble varier avec les saisons). L'observation se fait avec une paire de jumelles ou mieux une longue-vue.
Pour la photographie, c'est une autre paire de manche, car nos oiseaux sont ultra méfiants, impossible de les approcher à bonne distance afin d'obtenir de bons clichés.
La billebaude, c'est à dire l'approche des animaux avec tenue camouflée et téléobjectif ne fonctionne pas avec ces animaux, comme d'ailleurs avec beaucoup d'oiseaux en général.
Seul l'affût installé de nuit quelques temps auparavant permet de réaliser des photos intéressantes.
La voiture peut se transformer en affût à certaines périodes, à d'autres moments il est impossible de les approcher en véhicule à moins de 200 voire 300 mètres !
Anecdote : J'ai connu une période, où, aux abords du Lac du Der, les agriculteurs excédés par les dégâts provoqués par les grues, abandonnaient de vieilles carcasses de voitures au beau milieu des champs pour les faire fuir. Ce temps est révolu, les grands oiseaux semblent s'être habitués aux voitures en stationnement.
Il existe des affûts payants où il est possible d'être au contact des Grues cendrées.
 

Un Album photographique est disponible ci-dessous.

 

 
- - - - o O o - - - -

 
 
   Pour recevoir les articles de ce blog dès leur parution abonnez-vous gratuitement  



 
 
 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

ATTENTION !


Bonjour,
Pour publier votre commentaire, voici la marche à suivre :
- Écrivez votre texte dans le formulaire de saisie ci-dessous
- Si vous avez un compte, vous pouvez vous identifier dans la liste déroulante Commentaire
Sinon, vous pouvez saisir votre nom ou pseudo par Nom/URL
- Cliquer sur Publier enfin.
Le message sera publié après modération.
Merci.
Cordiales salutations.
Jean-Paul



Sélection du message