Les Castors européens occasionnent des dégâts aux cultures.


B-2021-005-Les Castors européens occasionnent des dégâts aux cultures.

 

 
Après une période d'absence historique, les Castors européens font un retour en force depuis plusieurs années sur nos cours d'eau.
Éradiqués par l'Homme, le Castor européen partage le même sort que le loup ou l'ours, il n'est pas le bienvenu dans certains territoires.
Il suffit de taper "castor" sur votre moteur de recherche pour prendre conscience qu'une fois sorti des salons parisiens, le castor n'est pas aimé. Voir ci-dessous
 
 
En Aveyron, les castors font de gros dégâts en bord de rivières.
 
Epinal : Les castors s’attaquent aux saules du ruisseau de Grandrupt
La famille de castors qui avait causé beaucoup de dégâts autour de l’étang de Chantraine a commencé à se goinfrer des saules et peupliers du ruisseau de Grandrupt. À tel point que les services municipaux vont intervenir mercredi matin.

«Le castor,  il  peut vous retaper 1  ha,1  ha et demi de peupliers dans une nuit.Et on ne peut rien faire;  c’est un animal protégé qui  a  été introduit par les gens de l’écologie puisqu’il n’existait pas ici ;  et don c il  colonise tout quoi. Et moi je crains que ça soit terrifiant les années à  venir»  (témoignage d’un populiculteur)

Le castor d’Europe doit sortir de la liste des espèces protégées car il se multiplie rapidement et génère de plus en plus de dégâts sur les parcelles agricoles ou sylvicoles. Tout comme pour le loup, le préfet pourrait être habilité à décider d’un prélèvement exceptionnel visant à réguler cette espèce.

Le ministre polonais de l'Agriculture a évoqué les vertus aphrodisiaques de la viande de castor pour promouvoir la chasse de ces rongeurs protégés mais qui sont accusés de causer des dégâts. "Il faut les éradiquer, mais il ne s'agit pas non plus d'arriver et de leur tirer dessus dans l'eau et qu'ils y pourrissent", ajoute ce chasseur, qui récupère les spécimens abattus pour utiliser leur fourrure "de très bonne qualité et assez chaude"
. Sources diverses
 


Le Castor européen et les cultures.

Le castor peut occasionner quelques dégâts aux cultures situées en bordure de cours d'eau et à proximité immédiate de ceux-ci. Ce point est particulièrement important, nous y reviendrons.
Si les dégâts paraissent importants (pour les cultures de céréales), ils ne sont rien en comparaison du volume de grains laissés sur le terrain par des machines non-performantes ou mal conçues. À titre d'exemple, Il suffit de voir les bords de route taillés à l'épareuse pour constater que certaines machines n'auraient jamais du se retrouver sur le marché en raison de leur incapacité à effectuer un travail soigné exempt de pertes. Les machines du monde agricole n'échappent pas à cette gabegie. Les volumes perdus lors des récoltes atteignent des tonnages impressionnants.
Ces pertes volontaires sont bien inférieures aux pertes provoquées par les Castors européens.

Quelles sont les mesures à prendre.

Quelques mesures peuvent être prises pour limiter ces "dégâts".
- laisser un corridor vert en bordure de cours d'eau, exempt de cultures (céréales, arbres de rente, arbres fruitiers, etc.) 10 ou 20 mètres suffisent largement pour éviter les conflits entre animaux et propriétaires.
- planter dans ces corridors des arbres attractifs pour le castor peupliers, saules, (Populus tremula, Populus nigra, Populus alba, Salix alba, Salix fragilis, Salix elaeagnos, Salix capraea ) ; 
- clôturer électriquement les cultures sensibles à défaut de pouvoir les éloigner du cours d'eau.
 Les désagréments revêtent bien souvent un caractère subjectif. Les Hommes admettent difficilement d'être empêchés ou contrariés dans leurs  opérations de maitrise de la nature.
 

Malgré la totale protection dont il bénéficie, le castor est persécuté de façon sournoise. 

 

La  lutte  contre  les  rongeurs  aquatiques  indésirables  comme  le Ragondin  ou  le  Rat  musqué  (Ondatra zibethicus)  constitue  un risque  difficile à apprécier,  notamment  dans  le  cadre  de  luttes collectives par utilisation d'anticoagulants (bassin de la Loire). La sélectivité des appâts et l'innocuité des toxiques n'ont jamais été testés sur le Castor. Localement, le piégeage (piège conibear utilisé contre le Ragondin) peut, aussi, constituer une menace. Le  Castor  peut  occasionner  des  dégâts à l'arboriculture  fruitière ou à la populiculture (une quarantaine de dossiers traités annuellement par le réseau Castor, certains propriétaires peuvent tenter de détruire les castors responsables de dégâts.Enfin,  très  localement,  le  Castor  peut  être  capturé  dans  des engins de pêche (nasse à silure). source https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/1337.pdf


Régulation naturelle du castor.

 

À l’âge adulte, les prédateurs naturels du castor sont le loup, l’ours, le glouton et le lynx. A part quelques lynx de nouveau présents en Wallonie ces dernières années, on peut estimer qu’il n’a pas de prédateurs naturels à l’heure actuelle.
Les chiens errants, les renards et certains rapaces peuvent exceptionnellement capturer des individus jeunes ou immatures.
Le trafic routier cause la mortalité de quelques individus chaque année.
Le comportement territorial du castor en régule naturellement la population. Ces rongeurs défendent leur territoire parfois jusqu’à la mort. Plus il y a de territoires occupés le long d’un cours d’eau, plus la mortalité des jeunes en migration est élevée. Lorsque la densité de la population augmente pour atteindre la capacité limite de l’habitat, le stress intraspécifique s’intensifie, entraînant une baisse de la fécondité et une hausse de la mortalité, avec pour conséquence un recul de la population. Source https://www.natagora.be/position-sur-le-castor

 

Comment identifier les dégâts occasionnés par les castors ?

Le Castor eurasien (Castor fiber) n'est pas le seul à apprécier les cultures installées immédiatement aux abords des cours d'eau. Le Ragondin (Myocastor coypus) fréquente les mêmes milieux, voire les mêmes réfectoires et les deux animaux s'alimentent aux mêmes sources installées à leur intention par les agriculteurs (?).
Les deux principaux coupables des prélèvements dans les cultures.

Le Castor européen Castor fiber


Le Ragondin Myocastor coypus


Déroulement de l'enquête.

J'ai effectué cette enquête sur les bords de la rivière Le Thouet, un affluent de la Loire. Les prélèvements repérés ont été principalement effectués par nos compères (Castor et Ragondin) sur des champs de maïs bordant le cours d'eau. Inutile de préciser que ces cultures implantées au bord de l'eau, sont une provocation. Comment imaginer un instant que castors et ragondins ignorent la table servie à leur intention. Je n'ai pas tenu compte des prélèvements faits sur les autres céréales ni des écorçages ou abattages d'arbres.

Le maïs.

 

Cette espèce, originaire du Mexique, constituait l'aliment de base des Amérindiens avant l'arrivée en Amérique de Christophe Colomb. La plante fut divinisée dans les anciennes civilisations d’Amérique centrale et méridionale, et était cultivée par les Nord-Amérindiens avec la courge et le haricot en utilisant la technique dite « des trois sœurs ». Introduite en Europe au XVIe siècle, elle est aujourd’hui la première céréale cultivée dans le monde devant le riz et le blé.
Avec l’avènement des semences hybrides dans la première moitié du XXe siècle, puis des semences transgéniques récemment, le maïs est devenu le symbole de l’agriculture intensive en Europe de l'Ouest, aux États-Unis et en Chine mais il est aussi cultivé de façon très extensive dans l'Ouest de l'Afrique du Sud ou semi-extensive en Argentine et en Europe de l'Est.
Depuis un siècle, le maïs s'est progressivement imposé comme une matière première indispensable, d'abord dans les industries alimentaires et biochimiques et aujourd'hui dans les industries chimiques. L'amidonnerie en opérant un véritable cracking du maïs en a multiplié les utilisations et sa production n'a pas cessé d'augmenter.
Du fait des incitations législatives, on assiste depuis les années 2000 à une augmentation significative de la culture du maïs en Europe pour la production d'énergie à partir de la biomasse. Cette augmentation des surfaces cultivées pose des problèmes spécifiques et contribue de manière significative à l'érosion hydrique et au ruissellement de surface.
Source wikipedia

Le reportage photographique.

 

La signature typique du castor une coupe en sifflet
 

Il permet de constater des différences notables entre les indices laissés sur place par le Castor européen et le Ragondin.
Le Castor européen coupe les tiges de maïs pour accéder aux épis, la coupure est nette, franche, en sifflet, c'est en quelques sortes sa signature.
Une fois coupées les tiges et leurs épis sont transportées vers l'eau par une sorte de sentier aboutissant à une goulotte* donnant directement sur l'eau. Les passages répétés du castor s'agrippant à la berge provoque le creusement de cette goulotte.
Les tiges peuvent être traînées jusqu'au cours d'eau ou rester sur place si le castor décide de transporter seulement l'épi de maïs vers la rivière. En règle générale, il préfère la sécurité de l'élément liquide pour prendre son repas, il s'y sent plus à l'aise que sur terre où il est un peu plus balourd.
Le champ où le castor s'alimente présente donc un aspect typique.
* (goulotte) présente si la berge est abrupte 
 
Le ragondin joue plutôt sur le phénomène de verse. Il s'appuie ou grimpe (?) le long de la tige pour la faire pencher vers le sol. Une fois au sol l'épi devient accessible, le ragondin semble le consommer sur place. L'aspect de la surface exploitée par le ragondin ne présente pas le même aspect que celle exploitée par le castor les grains ne sont pas consommés de la même façon, tout semble fait de façon désordonnée* à la différence du castor.
*En écrivant cela je fais preuve bien entendu d'une vision anthropomorphique des choses !
 
 
Cet album vous permet de différencier les indices laissés sur place après des prélèvements effectués par le castor et le ragondin dans une parcelle de maïs.
Bon à savoir : castors et ragondins fréquentent les mêmes biotopes, les mêmes lieux de nourrissage,  les mêmes réfectoires, le ragondin se contente parfois des restes du castor. Il peut y avoir des frictions, comme je l'ai constaté, mais cela tient plus de l'anecdote que d'un réel antagonisme.
 
 

  En savoir plus sur le castor.  

Mes articles en rapport avec le Castor européen. 

 Une mine d'informations !

 


Vidéos sur le sujet.

 

En Patagonie le castor n'est pas le bienvenu !

 


Le retour du castor en Belgique.

 



Le Castor du Canada Castor canadensis

proche parent du Castor eurasien Castor fiber (le nôtre)



 


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