Pourquoi wikipedia n'interdit pas la possible utilisation de nos images à des fins commerciales ?
Il n'est en effet pas possible d'apposer ce pictogramme sur les photos déposées.
Non Commercial : interdiction de tirer un profit commercial de l’œuvre sans autorisation de l'auteur (sigle : NC)
Cette question touche au cœur même de la philosophie du mouvement du logiciel libre et du savoir partagé.
Si Wikipédia (via sa plateforme de stockage de médias, Wikimedia Commons) permet l'utilisation commerciale de ses images, ce n'est pas par oubli, mais par choix politique, philosophique et pratique.
Voici les principales raisons pour lesquelles Wikipédia n'interdit pas cette utilisation :
Si Wikipédia (via sa plateforme de stockage de médias, Wikimedia Commons) permet l'utilisation commerciale de ses images, ce n'est pas par oubli, mais par choix politique, philosophique et pratique.
Voici les principales raisons pour lesquelles Wikipédia n'interdit pas cette utilisation :
1. La définition de la "Culture Libre"
Wikipédia s'aligne sur la définition des "Œuvres culturelles libres". Selon cette charte, pour qu'une œuvre soit véritablement libre, elle doit accorder quatre libertés fondamentales à quiconque la reçoit :
La liberté de l'utiliser et de la visionner.
La liberté de l'étudier et d'en appliquer les connaissances.
La liberté d'en faire et de distribuer des copies.
La liberté de la modifier et d'en distribuer les versions dérivées.
Interdire l'usage commercial briserait ces libertés en imposant une restriction majeure. Pour le mouvement Wikimedia, une licence qui interdit le commerce (comme la clause "NC" de Creative Commons) n'est pas une licence libre.
La liberté de l'utiliser et de la visionner.
La liberté de l'étudier et d'en appliquer les connaissances.
La liberté d'en faire et de distribuer des copies.
La liberté de la modifier et d'en distribuer les versions dérivées.
Interdire l'usage commercial briserait ces libertés en imposant une restriction majeure. Pour le mouvement Wikimedia, une licence qui interdit le commerce (comme la clause "NC" de Creative Commons) n'est pas une licence libre.
Définir juridiquement ce qui est "commercial" est un casse-tête sans nom.
Si un enseignant imprime une photo de Wikipédia dans un manuel scolaire payant (même vendu à prix coûtant), est-ce commercial ? Oui.
Si un blogueur indépendant affiche une photo sur son site et qu'il a une simple bannière publicitaire pour payer l'hébergement, est-ce commercial ? Oui.
Si une association à but non lucratif vend un calendrier pour financer des actions de protection de la nature, est-ce commercial ? Oui.
En interdisant le commercial, Wikipédia empêcherait des milliers de projets éducatifs, associatifs, journalistiques ou culturels d'utiliser ses images, ce qui irait à l'encontre de sa mission de diffusion de la connaissance.
3. La Licence Réciproque, partage dans les mêmes conditions.
La plupart des images sur Wikipédia sont sous licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions (CC BY-SA).
Cette licence permet le commerce, mais elle impose une barrière de protection très forte : le copyleft. Si une entreprise utilise une image de Wikipédia dans un livre ou sur un produit, elle doit obligatoirement :
Citer l'auteur d'origine (ce qui valorise le travail du photographe).
Publier l'œuvre dérivée sous la même licence libre.
Exemple concret : Si un éditeur utilise une photo sous licence CC BY-SA dans un livre, toute personne achetant le livre a le droit légal de photocopier, scanner ou redistribuer cette page (et la photo) gratuitement. Cela décourage naturellement la "privatisation" pure et simple du travail des contributeurs par de grandes multinationales, car elles ne peuvent pas s'approprier l'exclusivité des droits.
4. Une diffusion et un impact maximisés.
Pour les photographes et naturalistes qui donnent leurs images à Wikipédia, l'objectif est souvent que leur travail soit vu, utile et qu'il serve à sensibiliser le plus grand nombre. Permettre la réutilisation la plus large possible (presse, édition, documentaires) garantit une diffusion maximale que le circuit fermé du droit d'auteur classique ne permettrait pas.
En résumé, Wikipédia fait le pari de la générosité totale. En acceptant que d'autres fassent de l'argent avec son contenu, elle s'assure en contrepartie que ce contenu reste universellement accessible, modifiable et vivant.
Prenons un exemple concret.
Si un japonais crée un calendrier avec des images d'un français copiées sur wikipedia et vend ce calendrier au Japon. il a, me semble t-il, de fortes chances pour que l'auteur ne soit jamais au courant de cette utilisation non gratuite des ses œuvres photographiques.
C’est le grand paradoxe et le risque assumé de Wikimedia Commons : une fois l'image partagée sous licence libre, elle voyage dans le monde entier, et l'auteur n'est que très rarement tenu informé de ses utilisations, qu'elles soient commerciales ou non.
Dans le cas précis d'un calendrier publié au Japon avec les photos d'un auteur français, il est effectivement très probable que l'auteur ne l'apprenne jamais de lui-même.
Si vous êtes l'auteur (ou si vous voulez savoir ce qu'il est possible de faire dans cette situation), voici comment les choses se passent et les recours disponibles :
1. La seule obligation du créateur japonais : Créditer l'auteur
La licence libre (généralement CC BY-SA) n'impose pas au créateur japonais de contacter l'auteur, de lui demander la permission, ni de lui envoyer un exemplaire du calendrier.
En revanche, il a l'obligation stricte d'inclure les mentions légales (souvent en petits caractères au dos du calendrier ou sous l'image) :
Le nom de l'auteur (ou son pseudonyme Wikipédia).
Le lien vers la licence (ex: CC BY-SA 4.0).
Si ces mentions y sont, le japonais est parfaitement dans son droit, même si l'auteur n'est pas au courant et ne touche pas un centime. C'est le principe du don à la communauté.
Dans le cas précis d'un calendrier publié au Japon avec les photos d'un auteur français, il est effectivement très probable que l'auteur ne l'apprenne jamais de lui-même.
Si vous êtes l'auteur (ou si vous voulez savoir ce qu'il est possible de faire dans cette situation), voici comment les choses se passent et les recours disponibles :
1. La seule obligation du créateur japonais : Créditer l'auteur
La licence libre (généralement CC BY-SA) n'impose pas au créateur japonais de contacter l'auteur, de lui demander la permission, ni de lui envoyer un exemplaire du calendrier.
En revanche, il a l'obligation stricte d'inclure les mentions légales (souvent en petits caractères au dos du calendrier ou sous l'image) :
Le nom de l'auteur (ou son pseudonyme Wikipédia).
Le lien vers la licence (ex: CC BY-SA 4.0).
Si ces mentions y sont, le japonais est parfaitement dans son droit, même si l'auteur n'est pas au courant et ne touche pas un centime. C'est le principe du don à la communauté.
Pour un photographe, il existe des outils simples pour "pister" la vie de ses images à l'étranger :
La recherche inversée par image : Utiliser des outils comme Google Images, TinEye, en y glissant sa propre photo. Ces algorithmes scannent le web mondial et peuvent retrouver la page d'un site de e-commerce japonais qui vend le calendrier.
Les alertes automatisées : Des services (parfois payants mais avec des versions gratuites) permettent de surveiller le web automatiquement et de recevoir une notification dès qu'une image apparaît sur un nouveau site.
La recherche inversée par image : Utiliser des outils comme Google Images, TinEye, en y glissant sa propre photo. Ces algorithmes scannent le web mondial et peuvent retrouver la page d'un site de e-commerce japonais qui vend le calendrier.
Les alertes automatisées : Des services (parfois payants mais avec des versions gratuites) permettent de surveiller le web automatiquement et de recevoir une notification dès qu'une image apparaît sur un nouveau site.
3. Que faire si le japonais n'a pas respecté la licence ?
Si, en découvrant le calendrier, l'auteur s'aperçoit que son nom n'est pas écrit, ou que le calendrier est protégé par un copyright exclusif (sans mention de la licence libre), la licence est légalement rompue. Le japonais est alors coupable de contrefaçon (piratage).
L'auteur français peut alors agir, le droit d'auteur international (Convention de Berne) protégeant les œuvres françaises au Japon :
Contacter l'éditeur japonais : Lui envoyer une mise en demeure (en anglais ou en japonais) lui rappelant ses obligations. Souvent, la simple menace de bloquer la vente suffit à ce que l'éditeur corrige le tir (en ajoutant un autocollant de crédit ou en proposant un dédommagement).
Utiliser la plateforme de vente : Si le calendrier est vendu sur Amazon Japon ou une plateforme similaire, l'auteur peut remplir un formulaire de "Notification de violation des droits d'auteur" (DMCA/Copyright Infringement) pour faire retirer le produit de la vente en quelques clics.
Une alternative pour l'avenir : Le compromis des "basses résolutions"
Pour éviter ce sentiment de "perte de contrôle" sans renoncer à l'esprit de partage de Wikipédia, beaucoup de photographes naturalistes et professionnels utilisent une astuce :
L'auteur français peut alors agir, le droit d'auteur international (Convention de Berne) protégeant les œuvres françaises au Japon :
Contacter l'éditeur japonais : Lui envoyer une mise en demeure (en anglais ou en japonais) lui rappelant ses obligations. Souvent, la simple menace de bloquer la vente suffit à ce que l'éditeur corrige le tir (en ajoutant un autocollant de crédit ou en proposant un dédommagement).
Utiliser la plateforme de vente : Si le calendrier est vendu sur Amazon Japon ou une plateforme similaire, l'auteur peut remplir un formulaire de "Notification de violation des droits d'auteur" (DMCA/Copyright Infringement) pour faire retirer le produit de la vente en quelques clics.
Une alternative pour l'avenir : Le compromis des "basses résolutions"
Pour éviter ce sentiment de "perte de contrôle" sans renoncer à l'esprit de partage de Wikipédia, beaucoup de photographes naturalistes et professionnels utilisent une astuce :
Ils importent sur Wikipédia des images dans une résolution moyenne (par exemple 1200 ou 1600 pixels de large).
Cette taille est parfaite pour illustrer l'encyclopédie à l'écran.
Cette taille est parfaite pour illustrer l'encyclopédie à l'écran.
En revanche, elle est trop faible pour une impression de haute qualité sur un grand calendrier ou un livre. Si l'éditeur japonais veut la haute définition pour son projet commercial, il est obligé de retrouver le photographe et de le contacter pour lui acheter le fichier original.
Les droits chez Facebook et Twitter ?
L'autorisation que vous leur donnez (la fameuse "licence")
C'est là que le piège contractuel se referme. Lorsque vous créez un compte et que vous cochez la case "J'accepte les conditions d'utilisation", vous signez un contrat. Ces CGU stipulent que pour faire fonctionner le service, vous accordez à la plateforme une licence qui est :
Non exclusive : Vous pouvez toujours utiliser vos photos ailleurs ou les vendre.
Gratuite et mondiale : Ils ne vous doivent pas un centime, où que soit vue l'image.
Transférable / Sous-licenciable : C'est le point sensible. Cela permet techniquement à la plateforme de concéder des droits à des tiers (par exemple, pour afficher votre contenu dans le cadre de partenariats ou de fonctionnalités intégrées).
En clair : Ils ont votre "autorisation" parce que vous la leur avez donnée en vous inscrivant. Ils n'ont pas besoin de vous la redemander à chaque publication
C'est là que le piège contractuel se referme. Lorsque vous créez un compte et que vous cochez la case "J'accepte les conditions d'utilisation", vous signez un contrat. Ces CGU stipulent que pour faire fonctionner le service, vous accordez à la plateforme une licence qui est :
Non exclusive : Vous pouvez toujours utiliser vos photos ailleurs ou les vendre.
Gratuite et mondiale : Ils ne vous doivent pas un centime, où que soit vue l'image.
Transférable / Sous-licenciable : C'est le point sensible. Cela permet techniquement à la plateforme de concéder des droits à des tiers (par exemple, pour afficher votre contenu dans le cadre de partenariats ou de fonctionnalités intégrées).
En clair : Ils ont votre "autorisation" parce que vous la leur avez donnée en vous inscrivant. Ils n'ont pas besoin de vous la redemander à chaque publication
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