2026 001
Que Mange le Renard roux ?
SUIVI DE
Le Cynorhodon dans l'alimentation du Renard roux et dans l'alimentation Humaine.
Comme à mon habitude, je vous propose aujourd'hui un article de fond.
Oui, il est "naturellement" long, car explorer la vie sauvage demande du temps et de l'attention.
Ici, point de recherche de "buzz" ou de titres accrocheurs pour attirer les regards passagers. Mon ambition est plus simple et, je l'espère, plus précieuse : partager avec vous, curieux et passionnés, mes connaissances de terrain.
En tant que naturaliste, mon but n'est pas seulement de décrire le monde qui nous entoure, mais de nous reconnecter au monde dont nous faisons partie. Prenons donc le temps de faire le point ensemble sur la consommation des fruits de l'églantier, ce rosier sauvage qui nourrit tant de vie au cœur de l'hiver.
- - o O o - -
À travers cette exploration, je m'intéresserai de près à l'alimentation du Renard roux Vulpes vulpes , un animal fascinant qui s'adapte avec astuce à son environnement. Les principales catégories d'aliments qui le composent incluent des petites proies comme les rongeurs, les insectes, et les jeunes oiseaux. Parmi cette palette alimentaire, les fruits de l'églantier, appelés cynorhodons, jouent un rôle essentiel en automne et en hiver. Riches en vitamines, ils apportent une source précieuse de nutriments lorsque les proies sont moins disponibles.
D'un point de vue tout à fait anecdotique, je vous parlerai de ces mêmes fruits qui ne se contentent pas d'être une friandise pour notre ami à quatre pattes _ ils ont aussi leur place dans l'alimentation humaine, en confitures, en pâtisserie ou en infusions. Les cynorhodons nous offrent des bienfaits insoupçonnés. Qui aurait cru que cet humble fruit puisse faire le lien entre la faune sauvage et notre table ?
Un véritable trésor de la nature !
1. Rongeurs et micromammifères :
![]() |
| Le Campagnol terrestre représente une des proies principales du Renard roux dans les prés et les cultures. |
Les rongeurs et micro-mammifères forment, dans la majorité des régions où il fait l'objet d'étude, la base de l'alimentation du Renard roux. En tant que prédateur il est particulièrement efficace dans la chasse des campagnols (champs et prairies) et des mulots (en zone forestière là où le campagnol est absent ou moins présent). Bien qu'il n'existe aucune étude scientifiques "pointue" sur le nombre de micro-mammifères consommés, Il est estimé qu'un renard pourrait consommer plusieurs milliers de ces petites proies par an, établissant ainsi une dynamique de régulation des populations de ces rongeurs.
Il est prouvé, d'autre part, que le renard n’hésite pas, à chasser les Lapins de garenne Oryctolagus cuniculus et les Lièvres européens Lepus europaeus, en ciblant principalement les jeunes individus durant les périodes où ces derniers sont les plus vulnérables. Les "lapins", d"ailleurs, constituent une des proies les plus régulièrement capturées dans les milieux méditerranéens ainsi que dans les régions plus septentrionales où les petites proies manquent.
Combien de micromammifères un Renard roux consomme t-il chaque année ?Il n’existe pas à notre connaissance d’articles scientifiques donnant précisément le nombre de micromammifères consommés chaque année, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la diversité du régime alimentaire en fonction des régions, des saisons et des ressources disponibles. Cependant, en se basant sur les quelques études majeures suivantes, il apparaît possible de s’en faire une bonne idée, en tout cas en ce qui concerne la Lorraine. ● Les travaux de Sargeant (1978) et Lloyd (1980)
ont montré que des renards roux adultes (faisant en moyenne 4,7kg)
consomment de 381 à 421 g par jour pour les femelles et 442 à 489g par
jour pour les mâles. Par ailleurs, d’après l’étude réalisée par Sargeant
(1978) en Angleterre et au Pays de Galle, durant les 11 jours qui
précèdent la mise bas, les femelles augmentent leur consommation qui
passe à 575g/jour. De leur côté, les renardeaux consomment 104g/j durant
le premier mois, puis 251g/j au cours du 2ème mois, et 346g/j durant le
3ème mois. ● Dans leur article, Artois et Stahl (1991) donnent
également les pourcentages de régime alimentaire en termes de biomasses
corporelles consommées. Ainsi, Microtus représentait 60%, Arvicola,
12,1%, C. glareolus 5,6% et Apodemus 3,4%. ● En ce qui concerne la masse
corporelle des micromammifères, Speakman (1999) donne les chiffres
suivants : 20g pour Microtus arvalis, 22g pour Apodemus sylvaticus,
23,4g pour Clethrionomys glareolus et 27,2 g pour Microtus agrestis. En tenant compte d’une part, de la composition du régime alimentaire (en biomasse) du renard en Lorraine (Artois et Stahl, 1991), des chiffres de consommation journalière (Sargeant, 1978 ; Lloyd, 1980) et d’autre part de la masse corporelle moyenne des espèces de micromammifères (Speakman, 1999), le nombre de micromammifères consommés par un renard adulte dans l’année serait : ● Pour un renard qui consommerait 381g/j
(valeur basse), la consommation varierait de 3800 micromammifères si
l’on ne considère que M. agrestis en ce qui concerne la consommation de
Microtus, ce qui est peu probable, à 4900 micromammifères si la
consommation de Microtus ne concerne que M. arvalis. ● Pour un renard
qui consommerait 489g/j (valeur haute), la consommation varierait de
4900 micromammifères si l’on ne considère que M. agrestis en ce qui
concerne la consommation de Microtus à 6300 micromammifères si la
consommation de Microtus ne concerne que M. arvalis. Texte extrait du site Collectif Renard Grand Est Lien : https://www.renard-roux.fr/ |
2. Autres Animaux

La cane du Jardin botanique de Lyon

Outre les rongeurs, le Renard roux diversifie son alimentation en incluant d'autres animaux comme les oiseaux -- ceux nichant au sol sont, bien entendu, des proies privilégiées. Les œufs des palmipèdes (comme ceux de cette cane de colvert ci-dessus) sont également très recherchés. Les œufs deviennent des "proies" faciles lorsque, fuyant à l'approche du renard, les adultes quittent leur nid, abandonnant la couvée.
Au printemps, l'alimentation du renard se complète souvent par des insectes, notamment des coléoptères, des orthoptères et des lépidoptères.
Les vers de terre [lien] représentent également une part très importante des proies capturées par le Renard roux, leur digestion et assimilation est très rapide. Ne comportant aucune partie dure (os, plumes, cartilage, etc.), leur consommation passe totalement inaperçue lors de l'analyse des fèces de l'animal. Seules leurs soies minuscules, et pratiquement invisibles à l’œil nu, sont présentes dans les dépôts, ce qui explique le peu d'attention dont ils sont l'objet.
Les batraciens et les mollusques (escargots) fournissent un apport nutritionnel intéressant. Il a été constaté, de façon anecdotique, une consommation de poisson.
Par ailleurs, en milieu rural, volailles et gibiers d'élevage, bien que moins fréquents, sont parfois ciblés, surtout lorsque les enclos ne sont pas suffisamment sécurisés.
À titre anecdotique, je peux citer également de rares cas de prédation d’animaux dits de compagnie. Les preuves formelles ne m’ont pas été fournies.
3. Végétaux
Le régime alimentaire du Renard roux ne se limite pas à la consommation de proies animales. Opportuniste, le renard consomme également des végétaux. En été et en automne, il recherche des baies et des fruits tels que les mûres, les fraises, les myrtilles, les pommes, les cerises, les prunes ou encore le raisin.
Une fois l'hiver installé, ce sont les cynorhodons, les prunelles et les baies d'églantier qui représentent alors une partie importante de son alimentation, si ce n’est la totalité (j’y reviendrai en détail).
Ces ressources, riches en glucides et en vitamines, lui permettent de diversifier son apport nutritionnel. Les fruits contenant des sucres en quantité sont indispensables à l'accumulation de réserves avant l'hiver.
Ces ressources, riches en glucides et en vitamines, lui permettent de diversifier son apport nutritionnel. Les fruits contenant des sucres en quantité sont indispensables à l'accumulation de réserves avant l'hiver.
Les champignons sont signalés comme pouvant être également consommés, de façon, semble-t-il, anecdotique.
4. Restes Déchets & Charognes
Le Renard roux joue un rôle sanitaire indéniable. En fréquentant les décharges et les poubelles, il s'est accoutumé à fouiller les déchets, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines.
Il contribue activement à la santé des écosystèmes en éliminant les cadavres et les charognes trouvés dans les milieux naturels ainsi que dans les zones fortement anthropisées (structures routières, ferroviaires et aéroportuaires). Il participe également à l'élimination des charognes laissées par les grands prédateurs, comme le Loup gris Canis lupus.
Au Royaume-Uni, le renard a su se forger une réputation plutôt flatteuse, au grand plaisir de nombreux citadins. Dans les rues animées des villes, ces animaux rusés sont souvent perçus comme de charmants compagnons nocturnes, profitant de la nourriture laissée à l'extérieur pour les animaux de compagnie. Cette pratique, bien que controversée, semble répondre à un besoin de coexistence harmonieuse avec la faune sauvage.
Des particuliers n’hésitent pas à proposer des "friandises" dans leurs leurs jardins afin d’attirer ces visiteurs à fourrure. Ce geste, bien intentionné, peut sembler anodin et contribue à créer un lien unique entre les habitants et leur environnement naturel. La perception positive du renard est également nourrie par le cinéma, qui l’a souvent dépeint sous un jour amical, renforçant cette idée d’une cohabitation pacifique.
Cependant, cette proximité soulève des questions. Faut-il nourrir les animaux sauvages ? Les films nous montrent une relation idyllique, mais il est essentiel de garder à l’esprit l’impact que cela peut avoir sur l’équilibre de l’écosystème urbain. En fin de compte, le dialogue entre l’homme et la nature mérite d’être approfondi pour garantir une cohabitation bénéfique pour tous.
Des particuliers n’hésitent pas à proposer des "friandises" dans leurs leurs jardins afin d’attirer ces visiteurs à fourrure. Ce geste, bien intentionné, peut sembler anodin et contribue à créer un lien unique entre les habitants et leur environnement naturel. La perception positive du renard est également nourrie par le cinéma, qui l’a souvent dépeint sous un jour amical, renforçant cette idée d’une cohabitation pacifique.
Cependant, cette proximité soulève des questions. Faut-il nourrir les animaux sauvages ? Les films nous montrent une relation idyllique, mais il est essentiel de garder à l’esprit l’impact que cela peut avoir sur l’équilibre de l’écosystème urbain. En fin de compte, le dialogue entre l’homme et la nature mérite d’être approfondi pour garantir une cohabitation bénéfique pour tous.
4.1 Nourriture disponible, une cohabitation jugée parfois difficile.
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| Passer des heures à collecter patiemment de petites proies ou faire le bon choix de la grosse proie ? |
La loi du moindre effort correspond, chez les animaux sauvages, à une véritable optimisation énergétique. L’énergie est une ressource précieuse que l’animal ne peut se permettre de gaspiller. Il doit constamment arbitrer entre le temps de recherche, de poursuite, de capture et de consommation, face au gain calorique espéré.
C’est pourquoi, entre de nombreuses petites proies exigeant un temps de recherche important et des allers-retours épuisants, le Renard roux oriente vite son choix. Face à une proie plus conséquente et facilement accessible — comme une poule en liberté ou un poulailler resté ouvert — le calcul est rapidement fait : le ratio entre l'effort fourni et l'apport nutritif est imbattable.
On pourrait penser qu'en éliminant le renard, le problème serait résolu. Pourtant, la nature a horreur du vide. Un territoire laissé vacant attire rapidement de nouveaux individus en quête d'espace. Plutôt que de s'en remettre à la fatalité, la solution la plus durable pour le propriétaire réside souvent dans la protection de ses installations, car faire preuve d'intelligence reste le meilleur rempart contre l'opportunisme naturel du goupil.
C’est pourquoi, entre de nombreuses petites proies exigeant un temps de recherche important et des allers-retours épuisants, le Renard roux oriente vite son choix. Face à une proie plus conséquente et facilement accessible — comme une poule en liberté ou un poulailler resté ouvert — le calcul est rapidement fait : le ratio entre l'effort fourni et l'apport nutritif est imbattable.
On pourrait penser qu'en éliminant le renard, le problème serait résolu. Pourtant, la nature a horreur du vide. Un territoire laissé vacant attire rapidement de nouveaux individus en quête d'espace. Plutôt que de s'en remettre à la fatalité, la solution la plus durable pour le propriétaire réside souvent dans la protection de ses installations, car faire preuve d'intelligence reste le meilleur rempart contre l'opportunisme naturel du goupil.
Cohabitation Homme-Renard : Solutions Pratiques.
Le secret d'une cohabitation réussie, même en milieu urbain, réside dans la prévention et le respect de la vie sauvage
🔶Attaques sur les volailles
Sécurisation
des poulaillers : clôtures robustes 1,80 m minimum),
grillages avec des mailles fines, et surtout, enterrer
le grillage sur30 cm ou poser un retour au sol pour
empêcher le renard de creuser dessous. Fermer
les accès la nuit.
🔶Sacs poubelles éventrés
Utiliser des bacs
poubelles rigides et hermétiques avec couvercle à clapet
ou verrouillage. Ne sortir les sacs qu'au dernier moment avant la
collecte.
🔶Présence au jardin
Ne jamais
nourrir le renard (cela le domestique et augmente sa
confiance envers l'Être humain). Ne pas laisser de nourriture pour
animaux domestiques à l'extérieur
🔶Risque d'échinococcose
Hygiène
stricte : bien laver et cuire les fruits et légumes
ramassés près du sol. Vermifuger
régulièrement les chiens et chats qui chassent les
rongeurs
🔶Terrier sous une construction
Le renard est sensible au
dérangement. Faire régulièrement du bruit (radio, tapage) près
du terrier. Il finira par déménager (sauf s'il a des petits).
S'assurer qu'il est parti avant
de boucher l'accès.
Le
renard est un auxiliaire écologique précieux (il limite la
prolifération des rongeurs et le risque de maladie de Lyme).
Favoriser
une cohabitation respectueuse est non seulement possible, mais bénéfique
pour l'équilibre de la biodiversité.
Le Renard roux stocke t-il de la nourriture ?
Le
renard, créature fascinante qui hante nos campagnes, possède des
comportements souvent méconnus, notamment celui du stockage. Les
naturalistes et les chasseurs ont tendance à sous-estimer l'importance
cruciale de ce trait de caractère chez cet animal malicieux. En effet, dans
nos climats peu enneigés, il est ardu de saisir pleinement cette
dynamique. En revanche, dans les régions nordiques, le comportement de
stockage devient plus évident et s'étend à une grande diversité de
proies que le renard cache soigneusement pour une utilisation future.
L’étude
menée par Macdonald en 1976 sur des renards apprivoisés, qu’ils soient
en enclos ou promenés en laisse, *1 a révélé des faits fascinants. Selon
ses observations, ces renards utilisent 96 % de leurs caches. Une
capacité impressionnante de mémoire *2 leur permet de retrouver précisément
l’emplacement de leurs précieuses provisions. Curieusement, une cache
est généralement utilisée par le renard qui l’a créée, laissant peu de
place à la générosité au sein de la communauté des renards. De plus, si
un congénère ou un intrus s’approche trop près d’une cache, le renard
n’hésitera pas à déplacer sa proie. Fait surprenant : même en cas de
faim persistante, le stockage se poursuit.
*1 ce qui à mon sens relativise cette étude
*2 NDR : Je pense que nous sommes plus en présence d'une mémoire olfactive que d'une mémoire cognitive.
Les
stratégies de stockage ne se limitent pas à la simple dissimulation.
Les renards, astucieux, choisissent judicieusement l’emplacement de
leurs caches, les dispersant stratégiquement pour maximiser leurs
chances de récupération. Intriguant, non ?
À l’opposé, Macdonald observe
que ses renards ne « marquent » pas l’emplacement de leurs réserves
avec des traces comme l’urine, contrairement aux observations de Lloyd
en 1980. Cette différence soulève une question sans réponse : pourquoi
ces comportements divergent-ils tant ?
NDR : pour ma part j'ai observé à plusieurs reprises des marquages réalisés à l'aide de fèces par des renards sur des proies intransportables, (cadavres sur les bords des voies de circulation), et une fois sur un bois de cerf partiellement rongé. Cette affirmation du non marquage est donc à relativiser.
Pour
Henry (1977), le marquage urinaire pendant le stockage pourrait jouer
un rôle intéressant. Ce dépôt d'urine servirait de signal indiquant un
désintérêt pour le site, car il est observé principalement sur les
caches vidées. De ce fait, l’odeur d’urine pourrait signaler à d’autres
renards que la cache ne vaut plus la peine d’être explorée, renforçant
ainsi la nature secrète et personnelle du comportement de stockage.
Les
renards sont également habiles dans l'art de la dissimulation.
Lorsqu'il s'agit de grosses proies comme des carcasses d’ongulés, ils
recourent à une technique d’enfouissement en utilisant de la terre et de
la litière (Lloyd, 1980).
NDR : Là encore j'ai observé et suivi de nombreux cadavres trouvés en Forêt de Fontainebleau durant mes quarante années de présence sans jamais avoir observé ce trait de caractère consistant à recouvrir en totalité ou en partie la réserve de nourriture !
Les renardeaux, encore maladroits, montrent
déjà cette tendance, bien qu'ils la mettent en œuvre avec une certaine
inefficacité, laissant parfois dépasser une oreille ou une patte. Ces
actes de stockage peuvent être interprétés comme une prévoyance
alimentaire, une manière de conserver leurs mets préférés pour les
périodes de disette. Il semble que, même en présence de leur nourriture
favorite, ils gardent à portée de main des réserves au cas où la
situation deviendrait critique.
Les
œufs, quant à eux, constituent une réserve particulièrement durable. En
Écosse, Frank (1979) a noté la présence de coquilles d'œufs de sternes
en novembre et décembre, suggérant que les renards parviennent à
retrouver ces provisions jusqu'à six mois après leur cache. Cela
témoigne d’une mémoire remarquable, mais aussi d’une stratégie de survie
bien pensée.
Toutefois,
un débat émerge parmi les chercheurs. Jeselnik et Brishin (1980)
suggèrent que le comportement de stockage pourrait bénéficier à
l’ensemble de la population de renards, imaginant un partage des
ressources. Cependant, Monte-Vecchi et Sklepkovych contestent cette
vision en soutenant, comme Macdonald, que seuls ceux ayant effectué la
cache en tirent le meilleur parti, ou éventuellement un membre de leur
groupe familial.
Ainsi, le renard, à travers son complexe comportement de stockage, nous montre qu'il n’est pas seulement un chasseur furtif, mais également un fin stratège de la survie. C'est un témoignage fascinant de la nature qui nous rappelle que, même dans le règne animal, la prévoyance et la mémoire jouent un rôle vital dans le maintien de la vie.
NDR. Ce texte pour lequel j'émets quelques réserves est librement inspiré de l'Encyclopédie des Carnivores de France [LIEN]
Conclusion de cette première partie.
En résumé, le renard roux incarne un prédateur efficace dont le régime alimentaire varié joue un rôle crucial dans la régulation des populations de rongeurs. Grâce à son omnivorisme, il parvient à s'adapter avec brio aux conditions changeantes de son habitat, tirant parti de chaque ressource disponible, qu'elle soit animale ou végétale. Comprendre son alimentation est essentiel pour mesurer son véritable impact écologique et apprécier sa contribution fondamentale à l'équilibre de nos écosystèmes.
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Le Cynorhodon dans l'alimentation du Renard roux et dans l'alimentation Humaine.
C'est quoi un cynorhodon ?
Le cynorhodon est le fruit de l'églantier, aussi appelé "Rosier des chiens", "Rosier des haies" ou "Églantier des chiens". Son nom scientifique, Rosa canina, vient d'une propriété qu'on attribuait autrefois à sa racine : on la pensait capable de guérir les morsures de chiens enragés.
👉Bon à savoir : Dans cet article, je traite exclusivement des cynorhodons provenant des rosiers sauvages, et plus particulièrement du Rosier des chiens Rosa canina. Si vous souhaitez consommer des cynorhodons issus de cultivars (espèces cultivées ou d'ornement), je vous recommande vivement de vous renseigner au préalable auprès de spécialistes.
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Le Renard Roux et le Cynorrhodon
Le renard roux est un omnivore opportuniste . Bien qu’il soit souvent perçu comme un prédateur de rongeurs, les fruits sauvages, et particulièrement le cynorrhodon (le faux fruit de l'églantier), constituent une part stratégique de son alimentation automnale et hivernale.
1. Importance des cynorhodons dans le régime alimentaire
Les études coprologiques (analyse des excréments LIEN 👍 ) révèlent un fait fascinant : la consommation de fruits augmente drastiquement lorsque les populations de campagnols déclinent ou que le sol, durci par le gel, rend la chasse souterraine impossible.
Saisonnalité : Le pic de consommation survient entre novembre et février. Le cynorhodon, est alors l'un des rares "fruits" (faux fruit) charnus, encore disponible après les premières neiges.
Volume : Dans certaines zones rurales, les restes de cynorhodons peuvent représenter entre 15 % et 30 % du volume total des fèces hivernales.
👉 Bon à savoir :
Un cynorhodon pèse en moyenne 8 grammes et contient plus d'une vingtaine d'akènes (graines), ce qui représente environ 5/6 grammes la peau ou enveloppe 1 gramme. Au final, il reste donc moins de 2 grammes de chair réellement utilisables par le renard. (Source : Communication personnelle).
2. Bénéfices physiologiques
Apport énergétique et vitaminique : Le cynorrhodon est une "bombe" à vitamine C et A. Ces nutriments sont essentiels pour maintenir l'état de santé du renard pendant la période de reproduction (rut en janvier/février).
Hypothèse de la Zoopharmacognosie (Automédication) : Le renard ingère le fruit entier avec ses poils irritants. Ces trichomes agiraient comme un vermifuge mécanique , irritant la paroi des parasites intestinaux et favorisant leur expulsion.
3. Rôle écologique : L'Endozoochorie
3. Rôle écologique : L'Endozoochorie
Le renard est l'un des principaux agents de dispersion de l'églantier.
Traitement des graines : En passant par le système digestif acide du renard, l'enveloppe très dure de l'akène (la graine) est scarifiée (1) . Ce processus facilite la germination future.
Colonisation : Le renard dépose ses "laissées" (excréments) de manière stratégique sur des points hauts (pierres, souches, talus) pour marquer son territoire 👍LIEN . Il sème ainsi les graines de l'églantier directement dans des zones ouvertes et ensoleillées, idéales pour la croissance de l'arbuste.
👉Bon à savoir :
(1) La scarification d'une graine est une technique agronomique qui consiste à altérer mécaniquement l'enveloppe protectrice de la graine, appelée tégument. Cette opération permet de réduire l'épaisseur du tégument ou d'y créer des ouvertures, facilitant ainsi l'entrée d'eau. La plupart des téguments étant imperméables, la scarification favorise l'hydratation nécessaire au processus de germination. En ramollissant l'enveloppe, cette méthode permet à la radicule et aux cotylédons de la percer plus aisément, accélérant ainsi la germination et assurant une meilleure réussite de la culture.
Observation et analyse des fèces (crottes).
La couleur reconnaissable entre toute, et la présence des akènes ne laisse pas de place au doute, notre ami à bien consommé des cynorhodons et pratiquement que des cynorhodons !
D'autres exemples révélant là aussi la consommation de cynorhodons...
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Vous pouvez consulter ces deux articles traitant des fèces (crottes) du Renard roux et complémentaires à l'article que vous êtes en train de lire.
![]() Renard roux ses laissées (crottes) | ![]() Décorticage fèces de Renard roux | |
Le Renard roux est-il le seul à consommer des cynorhodons ?
non !
Liste non exhaustive des consommateurs identifiés.
Oiseaux frugivores : Grives (litorne, mauvis, musicienne), Merle noir et Jaseur boréal. Cette consommation a plutôt lieu lorsque le gel ramollit les fruits.
Oiseaux granivores : Verdier d’Europe et Chardonneret élégant utilisent leur bec puissant pour extraire les graines (akènes) riches en lipides, délaissant parfois la pulpe.
Mammifères : Chevreuil européen, Renard roux et Blaireau européen intègrent le cynorrhodon à leur régime omnivore hivernal. Quant aux petits mammifères comme le mulot ou le campagnol, ils s'attaquent principalement aux graines lorsque le fruit est tombé au sol.
Et les poils irritants dans tout cela ?
Botaniquement, le cynorhodon est un faux fruit contenant les organes reproducteurs. Les vrais fruits sont les petits grains durs situés à l'intérieur, appelés akènes.
Les poils végétaux , des trichomes, fixés sur la paroi interne du réceptacle et sur les akènes eux-mêmes, sont essentiellement constitués de cellulose et de silice, ce qui les rend rigides et cassants. Leur structure fine et pointue leur permet de pénétrer facilement la peau ou les muqueuses sur lesquelles ils ont un effet irritant.
Mais à la différence de l’ortie , il n'y a pas d'injection de venin chimique.
Chez l’être humain :
Sur la peau, les pointes microscopiques provoquent des microlésions et une inflammation locale, d'où les démangeaisons intenses. S'ils sont ingérés sans filtration (dans une confiture ou une infusion mal filtrée), ils irritent la gorge et le tube digestif.
L'origine du nom "gratte-cul" vient du fait que les poils, non digérés, conservent leur pouvoir irritant jusqu'à l'évacuation intestinale, provoquant un prurit anal lors de la défécation.
Les herboristes utilisaient les poils de cynorhodon contre les vers intestinaux comme les ascaris. Les poils urticants étaient administrés mélangés à du miel. Leur action est mécanique : ils irritaient et délogeaient les parasites de la paroi intestinale sans empoisonner l'hôte.
Chez les mammifères :
Dans le monde sauvage, ces poils irritants auraient une fonction de vermifuge mécanique. En passant dans l'intestin, ils accrochent et expulsent les parasites internes, un comportement d'automédication observé chez les renards et les équidés.
Chez les oiseaux :
Les oiseaux possèdent un gésier dont la paroi (cuticule) est très résistante. Les poils y sont malaxés et enrobés de mucus, ce qui protège le reste du tube digestif. Les poils urticants ne font qu’y passer sans autre action.
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Le cynorhodon une gourmandise à découvrir.
![]() |
| Utilisation (raisonnée) de l'I.A (pour la réalisation de cette Bd) il lui reste encore des progrès à faire ;-) |
Du "Gratte-cul" à la Gastronomie : Le Cynorhodon en Cuisine
J’espère que vous me pardonnerez cette transition un peu osée après les détails techniques qui précèdent, mais l'occasion était trop belle de vous proposer quelques utilisations culinaires de la baie de l'églantier.
Sous ses airs de "poil à gratter", le cynorhodon cache un trésor gustatif. Sa saveur acidulée, fruitée et délicatement sucrée rappelle parfois la tomate séchée ou la canneberge. Riche en vitamine C, il gagne à être connu au-delà de sa réputation de farce d'écolier (le célèbre poil à gratter).
Voici les meilleures façons de le préparer, classées par type d'utilisation
1. Préparations Sucrées (Classiques)
- Confitures et gelées : Utilisation la plus célèbre, les fruits blets sont cuits pour en extraire une pulpe onctueuse, débarrassée des poils irritants.
- Sirop : Idéal pour napper des laitages ou aromatiser des boissons.
- Pâte de fruit : La pulpe mixée et séchée donne une friandise énergétique.
- Fourrage de pâtisseries : En Autriche et en Allemagne, il garnit biscuits et beignets.
2. Boissons et Infusions
- Tisanes et décoctions : Les fruits séchés infusés sont riches en vitamine C.
- Smoothies : La poudre de cynorhodon s'incorpore facilement dans les boissons mixées.
- Liqueurs et vins : Macération des baies dans de l'alcool avec du sucre pour des liqueurs digestives.
3. Utilisations Salées et Créatives
- Sauce tomates sauvage : Mixé avec oignons, ail et épices, le cynorhodon remplace la tomate pour accompagner pâtes ou pizzas.
- Accompagnement de viandes : Sous forme de coulis aigre-doux, il s'associe parfaitement au porc.
- Ketchup de cynorhodon : Original et apprécié dans la cuisine nordique.
- Soupe de cynorhodon (Nyponsoppa 📌 ) : Spécialité suédoise, servie chaude ou froide avec biscuits ou crème.
4. Condiments et Poudres
- Poudre nutritive : Les baies séchées réduites en poudre fine se saupoudrent sur céréales ou yaourts et enrichissent les pâtes à pain ou à gâteaux.
Le cynorhodon est donc polyvalent, offrant une multitude de possibilités en cuisine.
5. Pâtisserie
Découvrez le cynorhodon, cette petite baie sauvage surnommée "gratte-cul", qui cache sous son nom malicieux un trésor de vitamine C et une acidité vibrante. Véritable allié des pâtissiers, il réveille vos desserts avec élégance.
Voici quatre façons gourmandes de le sublimer :
Voici quatre façons gourmandes de le sublimer :
Madeleines Rustiques
Loin du classique, ces madeleines marient la farine d'épeautre et le croquant des noisettes à la douceur de la pulpe sauvage.
Le secret : Glissez une pointe de pulpe pure à la poche à douille au cœur de la pâte pour une surprise fruitée à la dégustation.
La Tarte de Linz Réinventée
Oubliez la framboise ! Cette version autrichienne s’habille de confiture de cynorhodon. L’alliance entre les noix moulues, le zeste d'orange et l'acidité des baies crée un équilibre chaleureux, idéal pour les soirées d'hiver.
La Pavlova Aérienne
Jouez sur les contrastes : la douceur d'une meringue craquante rencontre une crème pâtissière onctueuse au cynorhodon. Un nappage final en coulis rouge vif transforme ce dessert en un tableau gastronomique.
Moelleux Amande & Cœur d'Églantine
Ces petits gâteaux individuels cachent un secret fondant. Une simple cuillère de confiture déposée avant cuisson vient se nicher au centre de l'amande pour un effet cœur coulant irrésistible.
L'astuce du Chef : La Pulpe Parfaite
Pour une texture soyeuse et sans irritations (le fameux poil à gratter !), faites mijoter vos baies équeutées jusqu'à ce qu'elles soient tendres. Passez-les au moulin à légumes, puis impérativement à travers un tamis très fin ou un linge propre.
Loin du classique, ces madeleines marient la farine d'épeautre et le croquant des noisettes à la douceur de la pulpe sauvage.
Le secret : Glissez une pointe de pulpe pure à la poche à douille au cœur de la pâte pour une surprise fruitée à la dégustation.
La Tarte de Linz Réinventée
Oubliez la framboise ! Cette version autrichienne s’habille de confiture de cynorhodon. L’alliance entre les noix moulues, le zeste d'orange et l'acidité des baies crée un équilibre chaleureux, idéal pour les soirées d'hiver.
La Pavlova Aérienne
Jouez sur les contrastes : la douceur d'une meringue craquante rencontre une crème pâtissière onctueuse au cynorhodon. Un nappage final en coulis rouge vif transforme ce dessert en un tableau gastronomique.
Moelleux Amande & Cœur d'Églantine
Ces petits gâteaux individuels cachent un secret fondant. Une simple cuillère de confiture déposée avant cuisson vient se nicher au centre de l'amande pour un effet cœur coulant irrésistible.
L'astuce du Chef : La Pulpe Parfaite
Pour une texture soyeuse et sans irritations (le fameux poil à gratter !), faites mijoter vos baies équeutées jusqu'à ce qu'elles soient tendres. Passez-les au moulin à légumes, puis impérativement à travers un tamis très fin ou un linge propre.
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Le Renard roux fait partie de mon domaine de recherche préféré
Vous pouvez accéder à une foule d'articles en rapport avec lui en allant sur ce lien
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Mes Sources et références :
Encyclopédie des Carnivores de France
Collectif Renard Grand Est Https://www.renard-roux.fr/
Dr Michael Huffman automédication animale
François Couplan : Plantes sauvages comestibles, Éditions Sang de la Terre.
Pierre Lieutaghi Le Livre des Épines , Éditions Actes Sud.
Pharmacopée française : Les monographies sur *Rosa canina* précisent souvent que la drogue (le fruit) doit être "mondée" (débarrassée de ses akènes et de ses poils).
François Couplan : Plantes sauvages comestibles, Éditions Sang de la Terre.
Pierre Lieutaghi Le Livre des Épines , Éditions Actes Sud.
Pharmacopée française : Les monographies sur *Rosa canina* précisent souvent que la drogue (le fruit) doit être "mondée" (débarrassée de ses akènes et de ses poils).
Études Scientifiques (Europe)
Serafini & Lovari (1993) : Étude fondamentale sur le régime alimentaire du renard en milieu rural, soulignant l'importance des baies de Rosa comme ressource de substitution majeure.
Guitián & Munilla (2010) :Recherche sur la dispersion des graines par les carnivores frugivores, confirmant que le renard est un vecteur de dispersion longue distance pour les églantiers.
Lopez-Bao & Gonzalez-Varo (2011) : Analyse de l'efficacité de l'endozoochorie chez le renard roux.
Publications Naturalistes et Environnementales
ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) : Brochure Vive le Renard ! détaillant son rôle de disperseur de graines et son régime omnivore.
LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) :Rapports sur la biodiversité des haies, citant le renard comme "jardinier" des paysages ruraux via la consommation de fruits forestiers.
Guide Delachaux (Traces et indices d'animaux) : Référence pour l'identification des akènes de cynorrhodon dans les fèces de renard.
Serafini & Lovari (1993) : Étude fondamentale sur le régime alimentaire du renard en milieu rural, soulignant l'importance des baies de Rosa comme ressource de substitution majeure.
Guitián & Munilla (2010) :Recherche sur la dispersion des graines par les carnivores frugivores, confirmant que le renard est un vecteur de dispersion longue distance pour les églantiers.
Lopez-Bao & Gonzalez-Varo (2011) : Analyse de l'efficacité de l'endozoochorie chez le renard roux.
Publications Naturalistes et Environnementales
ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) : Brochure Vive le Renard ! détaillant son rôle de disperseur de graines et son régime omnivore.
LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) :Rapports sur la biodiversité des haies, citant le renard comme "jardinier" des paysages ruraux via la consommation de fruits forestiers.
Guide Delachaux (Traces et indices d'animaux) : Référence pour l'identification des akènes de cynorrhodon dans les fèces de renard.
Cuisinesauvage.blogspot.com (Madeleines)
Bettybossi.ch (Tarte de Linz)
Revedegourmandises.fr(Moelleux amande)
Ileauxepices.com (Barres aux flocons d'avoine et cynorhodon)
Bettybossi.ch (Tarte de Linz)
Revedegourmandises.fr(Moelleux amande)
Ileauxepices.com (Barres aux flocons d'avoine et cynorhodon)
Chef Simon : Pour les techniques de transformation en gelées, coulis et recettes de biscuits traditionnels.
L'île aux épices : Pour les idées de recettes modernes (smoothies, vinaigrettes) et les dosages en poudre.
Plantes Sauvages Comestibles : Pour les méthodes de préparation de la pulpe et du « confit au miel ».
L'île aux épices : Pour les idées de recettes modernes (smoothies, vinaigrettes) et les dosages en poudre.
Plantes Sauvages Comestibles : Pour les méthodes de préparation de la pulpe et du « confit au miel ».
Cuisiniers et botanistes (ex: Cueilleurs Sauvages) : Pour les usages créatifs comme le sirop de reine-des-prés au cynorhodon et les sauces pour plats salés.































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