Payer pour accéder à la Nature ? Article 051 2018

Vous rigolez ? Et bien non !

C'est un article posté par Nicolas Flory sur son blog C'était grenn comment ? qui m'interpelle.
Tout le monde le sait et le retraité que je suis plus encore, l'État ponctionne les petites gens et se "désengage" de nombreux secteurs. Les parcs nationaux et beaucoup d'autres structures font les frais de ces désengagements financiers. Inutile de penser à réduire la voilure, c'est-à-dire freiner à mort pour réduire les dépenses non ! "On" cherche d'autres financements et parmi ceux-ci, le paiement d'un droit d'entrée pour accéder aux parcs nationaux français. Sous prétexte que d'autres l'ont fait, les  États-Unis d'Amérique, notamment, la France voudrait elle aussi procéder à cette ponction effectuée aux dépens des "amoureux" de la nature. Ce lien [ICI] vous donne une idée des prix pratiqués aux USA.
Comme toujours en France il y a une commission, une sous-commission et que sais-je encore qui se fend d'un rapport, d'un compte-rendu comme [ICI]. Vous pouvez en lire quelques lignes ci-après.
Dans ce texte, les auteurs citent le WWF comme étant favorable à cette ponction. Bigre ! Le WWF c'est quoi au juste ? Lire l'article de Fabrice Nicolino à ce sujet  [LIEN].
Pourquoi consulte-t-on le WWF sur l'opportunité de faire cracher au bassinet les randonneurs, campeurs, observateurs, amoureux des grands espaces, mystère !
Cette fameuse commission porte le nom de : CGEDD [c'est quoi le CGEDD ?]
Puisque nous parlons des espaces "protégés" j'aimerai vous soumettre cette citation extraite d'un long texte de bernard CHARBONNEAU paru [ICI].
Les passionnés de la nature sont à l’avant-garde de sa destruction : dans la mesure où leurs explorations préparent le tracé de l’autostrade, et où ensuite pour sauver la nature ils l’organisent. Ils écrivent un livre ou font des conférences pour convier l’univers à partager leur solitude : rien de tel qu’un navigateur solitaire pour rassembler les masses. L’amoureux du désert fonde une société pour la mise en valeur du Sahara. Cousteau, pour faire connaître le « monde du silence », tourna un film qui fit beaucoup de bruit. Le campeur passionné par les plages désertes fonde un village de toile. Ainsi, réaction contre l’organisation, le sentiment de la nature aboutit à l’organisation.

A chacun de se faire son opinion au sujet de cette marchandisation de la nature.

Une question se pose tout de même quant à l'utilisation de cet argent au profit, nous dit-on, de la nature.

Extraits de cette note :

Examiner l’opportunité de lancer une réflexion approfondie en concertation avec les
parties prenantes des parcs nationaux sur la mise en œuvre de droits d’entrée dans les parcs nationaux français
Conclusions et recommandations du CGEDD en matière de financement
Nécessité d’évaluer précisément les besoins
Le CGEDD alertait, en 2014, sur le fait que la masse salariale était en augmentation. Cette augmentation pourrait,  à  terme,  «  mettre  en  péril  la  capacité  d’action  des  parcs  nationaux».  Les  parcs  nationaux devraient  être  en  mesure  de  réaliser  certaines  actions  (signalétique  cohérente,  entretien  de  petits équipements, sensibilisation à l’environnement, expérimentations) en cœur de parc et d’intervenir en zone d’adhésion  (études exante,  études ex  post en  zone  d’adhésion).  Dans  cette  optique,  la  mission  du CGEDD préconisait de rechercher d’autres sources de financement, mais sans préciser d’objectif chiffré.
La   mission   CGEDD   de   2014   suggérait   enfin   plusieurs   pistes   relatives   à   la   diversification   des financements:« -Jouer la carte de la marque « parcs nationaux » en cours de création pour des produits ou activités assis sur l’image des parcs sans crainte d’en obtenir des contreparties financières significatives ;
Rémunérer  certains  aménagements  ou  services  rendus  par  les  parcs  nationaux  sur  leur  territoire (par   exemple   en   faisant   payer   le   stationnement   des   véhicules   dans   certains   parcs   fortement fréquentés)
Les rapporteurs estiment que les produits financiers devraient être mutualisés entre parcs nationaux ;Le ministère ne devrait pas s’interdire d’étudier de près l’intérêt et la faisabilité de faire contribuer au budget des parcs nationaux la fréquentation des parcs nationaux, notamment des cœurs de parc et de leurs  abords  immédiats.  Parmi  les  précautions  à  prendre,  une  communication  importante  auprès  des bénéficiaires  directs  de  l’action  des  parcs  nationaux,  une  contribution  budgétaire  raisonnable  »


Contributions obligatoires
DROITS D’ACCÈS
Les droits d’accès, qu’ils soient ou non associés à des services, rassemblent plusieurs types de mécanismes :
les systèmes de tarification à l’entrée des parcs ;
la possibilité d’acheter un forfait à l’année qui donne un accès illimité à l’ensemble des parcs
la mise en place de parkings payants aux entrées de l’aire protégée ;
le paiement de loyers de camping, ou la mise à disposition d’emplacements payants ;
toute  utilisation  de  services  mis  à  disposition  par  l’établissement  (paiement  pour  des activités dans le parc, guides, observations d’animaux, location d’équipements, etc
Ces  types  de  paiements  jouent  aujourd’hui  un  rôle  majeur  dans  le  financement  des  parcs nationaux,  et  plus  généralement  des  aires  protégées  dans  le  monde  entier.  Sur  les  8  pays étudiés au cours de l’étude de parangonnage, 7 (ÉtatsUnis, Italie même s’ils sont rares, Chili,Corée du Sud, Mexique, Pologne et Japon où ils sont en cours d’expérimentation) ont recours aux droits d’accès (parfois sous différentes formes) dans leurs systèmes de parcs nationaux. Ils sont  appropriés  pour  bien  des  services  fournis  par  le  parc,  sont  censés  inciter  les  visiteurs  à respecter le lieu et le gestionnaire à faire des améliorations d’infrastructures.
Du  point  de  vue  de  l’efficacité  économique,  les  droits  d’accès  rationnent  l’usage  et  peuvent s’avérer  inefficaces  (c'est à dire  que  le  coût  social  de  la  mesure  est  supérieur  à  ce  qu’elle rapporte),  si  l’on  considère  que  l’usage  des  parcs  est  non rival,  et  qu’il  n’y  a  pas  d’effets  de congestion  (Walls,  2013).  Ceci  étant,  ces  hypothèses  sont  très  discutables  selon  la  taille,  la nature du parc et les attentes des visiteurs : limiter l’usage est d’ailleurs parfois nécessaire si l’on souhaite réduire une pression environnementale.
Les droits d’accès peuvent être considérés comme une mesure inéquitable qui favorise le public le  plus  aisé.  Le  bien être  social  s’en  trouve  diminué.  En  outre,  facturer  l’entrée  des  parcs suppose une  bonne  connaissance  de  la  demande  des  utilisateurs  afin  de  ne  pas  trop  restreindre l’usage du parc ;
de bien calibrer l’outil (valeur du prix, droits nominatifs)
NDLR Il est à noter que le WWF consulté est favorable à ces mesures.
Lire au sujet du WWF la note suivante de Mr NICOLINO : Le WWF est plus utile pour l’industrie que pour l’environnement

Enfin,  le  WWF souligne que les consentements à payer des touristes sont plus élevés si ceux ci ont la certitude que l’argent qu’ils versent est utilisé directement pour payer les frais de gestion des sites au lieu d’être redistribué par le gouvernement (WWF, 2000). Une solution  hybride,  avec  mutualisation d’une partie des recettes seulement, pourrait être une réponse à ces contraintes.


La totalité de cette note est visible ici :

https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-31454-parcs-nationaux-financement-cgdd.pdf




1 commentaire:

  1. L'idée même qu'une famille passionnée de nature mais modeste ne puisse accéder au patrimoine protégé est insupportable. Qui pourra prétendre qu'il n'y a pas ici un vrai problème démocratique ?

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