Ce que l'on pense des rapaces en 1862. Article 008 2018

Voici ce que je pense des rapaces ! (*)

Il y a encore d'autres catégories de coupables qu'il faut bien aussi faire connaître: commençons par celle des oiseaux Rapaces diurnes, pour lesquels je ne réclame pas d'indulgence. Ils sont cruels, ont un  grand appétit et n'attaquent généralement que les faibles, et, comme il faut bien faire un exemple, je l'avoue en ma qualité de chasseur, je les abandonne à la vindicte publique. Ils détruisent une énorme quantité de gibier de toute sorte, n'épargnent ni le Faisan, ni le Perdreau, et dévastent aussi bien le bois que la plaine. Pas de pitié pour eux ! D'ailleurs, on a renoncé depuis longtemps, en France, à la grande fauconnerie et aux services que les oiseaux de proie pouvaient rendre dans ce genre de chasse si estimé autrefois, et beaucoup d'entre eux, lâches et paresseux, rôdent autour des fermes pour enlever Poulets, Dindonneaux et Canetons. Quelques-uns s'établissent aux environs d'un colombier, et leur présence y répand l'effroi. Les Pigeons n'osent en sortir ou craignent d'y rentrer, et finissent par l'abandonner pour se réfugier chez le voisin. En un mot, les Rapaces diurnes, ces brigands des forêts et des plaines, font une concurrence trop facile au chasseur au moment où les petits Perdreaux viennent d'éclore. Lorsqu'il sera question des Rapaces nobles, c'est ainsi qu'on désignait les oiseaux employés à la haute volerie, nous parlerons en détail de l'ancienne fauconnerie encore en usage en Hollande, en Russie, en Orient et dans certaines parties de l'Algérie. Nous démontrerons qu'il est possible de se donner sans dépense le plaisir d'avoir deux ou trois oiseaux de chasse; nous dirons la manière de les dresser et de les conduire. Les jeunes chasseurs qui ne peuvent encore suffire aux fatigues et aux dangers de la chasse au fusil trouveront une distraction nouvelle pour' notre époque dans la petite fauconnerie (vol de la Pie, du Geai, du Merle, de la Grive), pour laquelle on n'emploie que des oiseaux assez communs dans toute la France, l'Autour, l'Épervier, l'Émérillon, le Hobereau et même la Pie-grièche. Mais revenons à notre sujet, et signalons encore, comme oiseaux destructeurs cl qu'on regarde comme nuisibles, les Pies, les Geais, les Corbeaux, qui cherchent les nids aussi bien dans les champs que sur les arbres, et qui mangent les œufs ou les couvées des autres oiseaux.
(*) J. C. CHENU 1862

Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des oiseaux.
Médecin principal à l'école impériale de médecine et de pharmacie militaires.

Rassurons-nous tout cela fait partie du passé . . . 






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